Qui doit choisir les dirigeants dans l’industrie financière ?

Il y a quelques mois, une compagnie d’assurance anglaise a été victime d’une aventure malheureuse : le candidat qu’elle avait choisi n’a pas été jugé assez compétent par l’autorité de contrôle anglaise pour exercer une fonction de direction. Je ne me prononcerai sur la qualité de cette décision ne connaissant pas l’impétrant et ses capacités. Je parlerai plutôt de l’étrange conception de l’économie que révèle cette décision et d’une manière générale le principe du « fit and proper », en français « compétence et honorabilité ».

Ce principe conduit d’abord à priver le dirigeant de son droit le plus important et le plus élémentaire : le libre choix de ses collaborateurs. Ce faisant il prive aussi l’actionnaire de ce droit. Ainsi, un candidat qui avait été jugé compétent et apte à exercer une fonction par le directeur général et, on l’imagine à ce niveau de responsabilité, par un ou plusieurs administrateurs, ne le peut pas. Et la société dont il s’agit est connue pour la qualité de sa gestion, de ses résultats et de son management. En lieu et place de ce jugement par des responsables internes, la décision de la compétence à exercer dans cette société, dans cette position, revient à des extérieurs. La liberté de choisir les collaborateurs, nécessaire au fonctionnement de l’entreprise, est mise à mal. Il en va de même pour le choix du dirigeant par les actionnaires.

En France, les mutualistes ont toujours insisté sur les dangers que de telles restrictions faisaient peser sur la gouvernance des entreprises. Elles ont toujours, avec raison, défendu la souveraineté d’assemblées représentatives des sociétaires pour choisir les dirigeants.

En procédant ainsi, le régulateur endosse une triple responsabilité :

  • En refusant à un patron de travailler avec le collaborateur qu’il avait originellement choisi et l’amenant à prendre son « second choix » il sera peut être à la source de dysfonctionnements créant des risques accrus pour la compagnie.
  • En acceptant un autre candidat qui se révèlerait inapte par la suite il assume directement la responsabilité des échecs de l’entreprise.
  • En soumettant tous les responsables au même processus, si ce n’est aux mêmes critères de sélection, il risque de créer l’uniformité d’où naquit chacun le sait, l’ennui mais aussi, et on le dit moins, la crise.

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