Les voies de transmission des sinistres du marché aux porteurs de risques sont parfois impénétrables.

On savait depuis l’été que Munich Re était impliqué dans la couverture du barrage Ituango en Colombie. Cette perte aurait pesée sur les résultats du deuxième trimestre du réassureur pour près de 300 million, semble-t-il.

Il s’agit en l’occurrence d’un sinistre survenu sur le projet Hidroituango en cours de finalisation, une coulée de boue qui, en obstruant un canal de régulation de l’écoulement des eaux, a induit des dommages à la structure du barrage ainsi qu’à l’usine hydroélectrique associée. Le total des pertes se monterait à près d’un milliard et deux cent million pour le marché.

Jusque là rien d’extraordinaire, il est dans la vocation des réassureurs de couvrir les projets d’infrastructures de cette taille, qu’un assureur pourrait difficilement assumer seul. Plus étonnantes ont été les voies suivies par le sinistre pour se retrouver dans les comptes de Munich Re, et qui ont été évoquées dans la revue Re-Insurance le 26 novembre 2018, voies aussi impénétrables que celles du Seigneur.

Ce risque avait été spécifiquement refusé par les équipe non vie de Munich Re lors de sa présentation au marché. Il avait à l’époque était souscrit par la filiale colombienne de l’assureur anglais RSA. Laquelle filiale à été reprise par Suramericana, filiale du Groupe Sura, filiale dans laquelle Munich Re possède 20%. Afin de faciliter cette acquisition, Munich Re a consenti une réassurance à Suramericana sur le portefeuille acquis, remplaçant les garanties consenties par le groupe RSA. Et voilà pourquoi Munich Re affronte aujourd’hui une addition évaluée à 300 million sur un risque qu’il avait originellement refusé.

Quelle conclusion en tirer ?

Qu’aujourd’hui comme hier les tuyaux par lesquels passent les sinistres pour aller du marché aux porteurs de risque sont loin d’être évidents et « en ligne droite ». Nous avons dans ces mêmes colonnes évoqué le défi que pose la vitesse de transmission des sinistres du marché au réassureur dans l’établissement des comptabilités annuelles. S’y ajoutent les voies contournées que peuvent suivre les sinistres comme en témoigne cet exemple. Les réassureurs aguerris le savent bien qui gardent toujours un peu de capacité pour faire face aux « cumuls inconnus », tant ils croient que le contrôle des engagements totaux, malgré des progrès, n’est pas une science exacte.

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